L'endomètre est la couche de cellules qui tapisse l'intérieur de l'utérus. Au cours du cycle menstruel, il s'épaissit et se gonfle, stimulé par l'¿strogène, une hormone produite par les ovaires. Il s'agit de bien préparer le nid d'un éventuel oeuf fécondé. Pas de grossesse ce mois-ci? Des couches de l'endomètre se détachent et partent vers le vagin: ce sont les règles. Il semble qu'une petite partie de ces cellules fausserait compagnie aux autres, et qu'au lieu de suivre le chemin des menstruations, elles s'échapperaient du côté des trompes de Fallope. Les douleurs menstruelles que nous ressentons pourraient être en partie causées par ces cellules gorgées de sang qui ont migré vers le bassin et même dans la cavité abdominale.
♣ Scénario pour certaines:
Chez 7% des femmes (sinon plus), ces cellules échappées de l'endomètre ne seraient pas «nettoyées» par le système hormonal et resteraient dans l'organisme. Elles vont s'ancrer à l'extérieur de l'utérus, dans les surfaces qu'elles rencontrent. Petit à petit, pendant plusieurs années, elles s'accumulent et peuvent former des lésions, des masses, des kystes (sac de liquide) et même des bandes de tissus cicatriciels (qu'on appelle des adhérences) qui peuvent compromettre la fertilité. On ne sait pas pourquoi cela se produit chez certaines femmes, mais il y a souvent une histoire familiale d'endométriose.
♣ L'endométriose, ça fait mal!
La douleur en cas d'endométriose est normale, puisque les cellules «expatriées» s'activent de la même façon que lorsqu'elles étaient dans l'utérus, en s'épaississant. Avec le temps, la douleur peut devenir omniprésente. D'ailleurs, 60% des femmes qui se plaignent de douleurs pelviennes chroniques font de l'endométriose. Une douleur ressentie lors de la pénétration sexuelle peut constituer un autre indice. Remarquez qu'un utérus rétroversé (incliné vers l'arrière) peut causer le même malaise. Comme on peut retrouver des cellules de l'endomètre sur la vessie ou sur les intestins, on comprend les symptômes qu'elle suscite, comme l'urgence mictionnelle ou les diarrhées.
Ce qu'il y a de particulier avec cette maladie, c'est que chaque femme est un cas d'espèce. On peut poser le diagnostic à 15 ans ou à 40 ans (le plus souvent entre 25 et 35 ans), on peut avoir des règles normales, et soudainement, à 30 ans, être très indisposée. On peut aussi avoir un répit d'une année ou deux, ou alors en souffrir après une ligature des trompes.
Autre caractéristique: l'intensité des symptômes est très variable et n'a rien à voir avec l'extension de la maladie. On observe des femmes avec beaucoup de lésions et peu de symptômes ou, au contraire, beaucoup de symptômes et peu de lésions.
Exceptionnellement, la migration des cellules de l'endomètre peut transporter l'endométriose dans différents endroits ou organes: dans les seins, dans le foie, dans les reins, dans les os, dans les poumons, etc.
Peu importe le pays, le diagnostic de l'endométriose prend entre sept à dix ans avant d'être posé. Est-ce qu'on tient trop pour acquis qu'on doit souffrir quand on a ses règles? Que nos douleurs n'intéressent pas les médecins? Que les médecins eux-mêmes ne reconnaissent pas l'ampleur du problème? Il faut croire que oui!
♣ Un traitement?
On ne peut pas guérir l'endométriose, mais on peut en contrôler l'activité afin de soulager les symptômes. Les médecins recommandent de prendre des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), comme l'Ibuprofène (Motrin®, Advil®) au début de leurs règles douloureuses: ils sont fort efficaces pour réduire la douleur et les saignements. Si la douleur persiste, voici quelques pistes:
Les contraceptifs oraux ont la propriété de réduire la production d'oestrogène avant les règles. Les cellules de l'endomètre sont alors moins stimulées. En les prenant régulièrement, on peut espérer un soulagement important.
Certaines femmes utilisent le stérilet Mirena qui libère, petit à petit, une hormone progestative. Cette hormone a la qualité d'atrophier les cellules de l'endomètre et de saboter ainsi une migration intempestive!
D'autres patientes auront besoin de chirurgie. Par laparoscopie, le gynécologue peut soit brûler soit exciser les amas de cellules qu'il trouve dans l'abdomen et dans le petit bassin. Plusieurs femmes (60 à 90%) sont soulagées pendant plusieurs années par la suite.
Des médicaments, comme le Lupron, disponible sur ordonnance, agissent sur l'ovaire de telle façon qu'ils créent une ménopause chimique: c'est parfois la seule solution aux douleurs perpétuelles. Les fameuses chaleurs associées à la ménopause peuvent faire leur apparition, mais c'est un moindre mal en comparaison avec la souffrance qu'elle élimine.
La vraie fin de l'histoire, c'est l'arrivée de la ménopause (constatée officiellement après une année d'aménorrhée); plus d'ovules, plus de règles, plus d'endomètre! Avec la chute des oestrogènes, les cellules de l'endomètre qui sont fixées à l'extérieur de l'utérus cessent alors de se comporter comme si elles y étaient toujours; c'est ainsi que se termine l'endométriose.
Par les temps qui courent, j'entends souvent des jeunes se prononcer contre les médicaments, y compris les contraceptifs oraux. Les contraceptifs oraux ont plus de 50 ans d'histoire et ils ont plus que donné les preuves de leur innocuité. Quand on sait quel soulagement ils apportent à l'endométriose, on ne peut que les recommander aux adolescentes qui ont des règles douloureuses: 50% d'entre elles souffrent déjà d'endométriose. Réagissez! Essayez les AINS ou les contraceptifs: vous verrez bien.
♣ Un autre traitement innovateur : " l'ablation globale de l'endomêtre."
L'ablation globale de l'endomètre est un nouveau traitement (méthode), qui est destiné à diminuer le saignement menstruel escessif. Contrairement à l'hystérectomie, qui consiste à enlever tout l'utérus, cette intervention détruit uniquement la surface interne de l'utérus, soit l'endomètre, qui est la source du saignement menstruel. Ce traitement ce fait en 90 secondes, avec une anesthésie local et non général! Voici la méthode NovaSure: Voir ICI
♣ Quels en sont les bienfaits?
Dans la plupart des cas, le saignement durant vos menstruations sera réduit d'un saignement excessif à un volume modéré ou léger (20%). Chez certaine femmes, il se peut qu'il n'y ait que des pertes menstruelles très légères ou même, dans 90% des cas, un arrêt complet des menstruations. Environ 10% des femmes N'ont par contre rapporté aucun changement dans leur règles. Pour la plupart des femmes, il s'agit d'un traitement unique! Ce qui veut dire que moins de saignements, moins de caillots, moins d'anémie, moins de fatigue; Donc les syndrômes pré-menstruels (SPM), seront également atténués avec ce traitement. Quel bonheur!
♣ Quels sont les conditions préalables du traitement?
D'abord, vous ne devez plus vouloir d'autres enfants; de plus, votre médecin devra s'assurer que vous ne souffrer pas d'autres affections utérines comme un cancer de l'utérus, de L'endométriose ou de fibromes sous-muqueux, (à l'intérieur de la cavité utérine). Pour ce faire, il pourrait procéder à une hystérioscopie avec curetage ou biopsie de l'endomètre.
♣ Peut-on devenir enceinte après le traitement?
Ce traitement ne devrait pas être envisagé si vous avez l'intention d'avoir d'autres enfants. Par contre, comme il y a de faibles chances de grossesse, la contraception devra être continuée après le traitement, tout comme au paravant. Votre gynécologue peut vous placer, à même le traitement, un stérilet (Miréna) Voir ICI , permanent qui durera 5 ans. Vous auriez donc l'occasion rêver d'avoir votre contraception en plus du traitement. Après le traitement, la plupart des femmes peuvent retourner au travail et à leur activités de tous les jours dans un délai maximal de 48 hres.
♣ Dernière méthode: "Chirurgie des trompes de fallopes " Voir ICI
Cette méthode (traitement), demande une chirurgie générale qui dure environ 15 minutes. Le rétablissement est bien plus long que pour l'endomêtre! Vous ne pourrez plus avoir d'enfants. C'est donc, un pensez-y bien!
//////////////////////////////////////
////////////////
♣ ♣ ♣



